Depuis 500 jours, Céline Faye et Sarah Zaknoun, incarérées dans la prison de Rafey en République Dominicaine, clament leur innocence. 500 jours qu'elles demandent à leurs proches "Quand est-ce qu'on va sortir?"
Le 15 juin 2008, leur semaine de vacances de rêve en République Dominicaine touche à sa fin: elles sont sur le chemin du retour vers la France. Mais à l'aéroport, au moment de récupérer leurs bagages, des "gardes en civil les arrêtent sans aucune explication", raconte la grande soeur de Sarah, Nabyla. "Il y avait même des photographes et, dès le lendemain, leur arrestation faisait la Une des journaux dominicains: 'Démantèlement d'une branche du narcotrafic européen', disaient les gros titres. Ça ressemble à un complot général..."
5 kg de poudre blanche (aucune analyse n'a confirmé le taux de pureté de la drogue) sont trouvés dans leurs affaires. Arrêtées, elles sont jugées en République Dominicaine selon la législation en vigueur dans ce pays. Le procureur général requiert 15 ans de prison contre elles et propose, en parallèle, un marché à la famille et aux avocats. Si elles plaident coupables, leur peine sera revue à la baisse. Céline et Sarah refusent le deal. "Elles ont confiance en la justice, elles sont innocentes et veulent sortir la tête haute", témoigne Nabyla. La sentence est lourde: 8 ans chacune. D'autant plus qu'il n'existe aucune convention d'extradition entre la République Dominicaine et la France. Leur procès en appel, quelques mois plus tard, n'y changera rien, le jugement reste le même.
"A la moindre contrariété, tout peut être remis en question"
Le plus dur, tant pour les familles que pour les détenues, réside dans l'éloignement. Si Nabyla a dilapidé toutes ses économies pour se battre aux côtés de sa soeur et de son amie, les parents des deux adolescentes n'ont pas les moyens de se rendre en République Dominicaine. "J'ai déjà dépensé 50 000 euros en frais d'avocats et dans les allers-retours pour les voir", confie Nabyla. Leur seul espoir aujourd'hui, est la visite du secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie en République Dominicaine les 12 et 13 novembre. Alain Joyandet, mandaté par la ministre de la Justice, s'y rend pour signer une convention de transfèrement entre les deux pays. Un premier pas vers le rapatriement des deux jeunes filles qui risque de prendre du temps... "Il faut encore attendre la ratification de la convention par les députés des deux parties, ce qui peut prendre encore une année supplémentaire, c'est loin d'être gagné, déplore Nabyla. A la moindre contrariété, tout peut être remis en question. Ce texte est discuté depuis 1983... Mais si elles rentrent en France, une grande partie du combat sera gagné. Le prochain sera de les réhabiliter."
Pour la soeur de Sarah, la justice dominicaine a voulu montrer au monde que son pays était capable de lutter contre le narcotrafic. Leur procès ayant été filmé (TF1 a réalisé un reportage sur Céline et Sarah pour l'émission "Enquêtes et révélations") "le juge a été deux fois plus virulent. Il voulait faire de leur cas, un exemple".
"J'ai même pu récupérer leurs photos de vacances qui n'étaient pas un élément clé du dossier d'instruction!"
Quant à savoir comment la drogue s'est retrouvée dans leurs affaires... "Personne n'a jamais rien découvert, confie la grande soeur. En France au moins on a enquêté, parce qu'en République dominicaine, ils n'ont même pas cherché".Le dossier d'instruction remis aux juges était vide, explique Nabyla qui a pourtant engagé des avocats dominicains en plus des services de Me Collard en France. "Le procureur général a refusé de prendre en compte leurs casiers judiciaires vides, les témoignages des professeurs attestant de leur bonne foi...
L'enquête française n'a pas été jointe au dossier non plus. J'ai même pu récupérer leurs photos de vacances qui n'étaient pas un élément clé du dossier d'instruction!" Et puis, ajoute-t-elle, "si elles avaient accepté de transporter de la drogue, il y aurait eu une trace d'une quelconque compensation financière! Personne n'a jamais rien trouvé de ce côté là!" Corinne Langlois, la journaliste de TF1 qui les a suivies pendant une journée assure qu'elle les a "senties véritablement sincères (...), elles n'ont pas du tout un profil de délinquantes". "Le plus probable, poursuit la soeur de Sarah, c'est que les deux jeunes filles aient été suivies pendant tout le temps de leur séjour pour juger si ou non elles étaient des proies faciles." "Depuis 500 jours, leur souffrance nous habite", confie Nabyla, il faut que ça cesse."
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